L’impact des mises à jour google sur les bonnes pratiques de référencement

“Des sites suroptimisés tant au niveau du contenu que du linking ont souvent pâti de ce que Google considère comme des tentatives de manipulation de son algorithme”

 

Sylvain Richard, dirigeant et fondateur de l’agence web Axenet, interviewé par OSERESO.

Sylvain Richard, dirigeant et fondateur de l'agence web Axenet, interviewé par OSERESO.

Sylvain Richard, dirigeant et fondateur de l'agence web Axenet, interviewé par OSERESO

 

Pouvez-vous vous présenter et présenter votre parcours ?

Bonjour. Je m’appelle Sylvain Richard et suis le dirigeant fondateur de l’agence web AxeNet

J’ai travaillé longtemps dans l’univers marketing et vente de la société 3M (connue pour la marque scotch) puis ai commencé à réaliser des sites perso en 1997. Je me suis alors très vite intéressé au référencement.

En 2000, l’entité virtuelle AxeNet était créée (regroupement de freelances), la SARL quant à elle a vu le jour en 2004.

 

En quoi consiste votre métier ?

Nous avons essentiellement développé deux axes, la création de sites (souvent avec des développements sur mesure) et le renforcement de la visibilité, principalement sur Google étant donné sa part de marché en France.

La chance que nous avons, et sans doute nos clients, c’est que le SEO est une de nos priorités. En ce sens, nous l’intégrons totalement en amont des projets sur lesquels nous travaillons.

D’ailleurs, lorsque nous réalisons des audits de référencement pour des sites que nous n’avons pas conçus, nous sommes parfois désolés de voir que de nombreux basiques SEO n’ont pas été pris en compte lors de la conception initiale. C’est dommage, c’est du temps et de l’argent perdu.

 

En quoi les récentes mises à jour de Google (pingouin,…) ont-elles modifié les pratiques de référencement ?

Avant tout, je crois que c’est la très bonne communication de Google consistant à faire peur qui a surtout modifié les comportements et pratiques. Il aura suffi de « faire tomber » certains sites et de communiquer sur le sujet pour freiner les ardeurs de nombreux spammeurs.

Maintenant, il est certain que ces filtres font le ménage, même si les dommages collatéraux existent. On voit bien que des sites suroptimisés tant au niveau du contenu que du linking ont souvent pâti de ce que Google considère comme des tentatives de manipulation de son algorithme

En ce sens, les référenceurs tentent aujourd’hui de « cacher » leur travail. Ils le rendent plus naturel, moins détectable.

À titre d’exemple, ils font généralement autant de liens qu’avant vers leurs sites cibles, mais vont noyer les ancres de liens « exact match » qui représentaient parfois 80% des liens d’une page. On voit cette proportion redescendre entre 20 et 40% au profit d’ancres de liens moins « marquées », moins typées SEO, on voit même le célèbre « cliquez ici » refaire surface, ainsi que les liens nofollow, tout cela pour redonner un profil naturel au linking qui continue d’être pratiqué à outrance.

 

Comment les bonnes pratiques d’hier sont-elles devenues source de pénalité aujourd’hui ?

Je pense que les réelles bonnes pratiques n’ont jamais changé.

La base de la visibilité, du référencement, reste la même : L’architecture du site, son contenu, son netlinking sont le triptyque immuable depuis longtemps. Le SMO vient sans doute apporter une caution supplémentaire à celui-ci.

Mais alors que Google laissait tout passer, il était facile d’industrialiser, d’aller à l’essentiel sans trop se poser de questions. Les textes spinnés, la pose de liens automatisée ont longtemps fait partie des techniques qui permettait à un site de squatter les premières positions.

Puis Panda et Pingouin ont fait le tri pour condamner « la faible qualité ». Cette notion est à prendre avec des pincettes, car une machine sait difficilement (voire pas du tout) reconnaître la qualité d’un contenu. En revanche, les algos commencent à bien le faire pour les liens entrants.

Les bonnes pratiques d’aujourd’hui reposent donc plutôt sur deux grands axes.

• La diversification : Des ancres de liens, des domaines où sont posés les liens, du type de lien (dofollow, nofollow), de l’endroit où sont posés ces liens (commentaire, éditorial…)

• La qualité : Des sites sur lesquels on pose les liens, de l’auteur d’un contenu, des réseaux de sites qui peuvent être créés, des textes qui ont plus de chance d’être de bons supports de liens s’ils sont lus et partagés, etc.

Ceci ne veut pas dire que l’industrialisation est devenue impossible, mais qu’elle nécessite d’être affinée et devient donc plus couteuse.

 

Nous avons abordé dans une précédente interview la place du contenu dans le community management. Quelles sont donc les nouvelles règles à respecter afin d’optimiser un contenu pour le référencement ?

Je dirais presque, « au départ, oublier le référencement ».

Rédiger un contenu utile, intelligent, qui a des chances d’être partagé est une base.

Bien évidemment, la manière dont il apparaitra dans l’architecture du site, son optimisation raisonnable (en évitant de reproduire son expression-clé partout, Title, H1, H2, contenu) et en prenant en compte ce qui permet à Google de mesurer la qualité ( voir cet article de notre blog : http://blog.axe-net.fr/qualite-du-contenu-pour-google/ ) seront particulièrement importants.

 

Selon vous, quelle est la place et l’impact du SMO dans le référencement ?

Je tiens tout d’abord à dire que l’objectif du SMO est bien différent du SEO. Si je résume, je dirais que le SMO consiste à générer de l’interaction avec ses cibles pour obtenir de l’engagement. Bien sûr, il permet aussi d’obtenir du trafic, c’est donc un point à ne pas négliger.

Mais en parallèle, la caution sociale humaine apportée lorsqu’un lien est partagé favorise probablement le positionnement de la page concernée. J’ai pu constater à quelques reprises que ces partages permettaient de lever des filtres pénalisants.

Je pense donc qu’à partir du moment ou l’on a une stratégie claire de communication avec des canaux bien identifiés (pour une cible Facebook pourra être plus efficace que Twiiter, et l’inverse sera vrai pour une autre), le SMO peut être un complément utile au SEO dans la mesure ou il permet des « votes » vers une page, sans doute un peu moins faciles à manipuler que ceux faits par les liens.

Attention, je ne dis pas que l’on ne peut pas manipuler les choses avec de faux comptes, mais cela se voit facilement et pourra donc être probablement plus facilement sanctionnable.

Je crois aussi que les forts investissements faits par Google sur Google + sont le signe que la société attache de l’importance au social, et pourra d’autant mieux le prendre en compte que l’outil lui appartient.

 

Est-il possible d’anticiper, ou d’imaginer, ce à quoi ressemblera le référencement naturel de demain ?

Ma boule de cristal est cassée, mais je tente quand même l’expérience :-)

Même si les algos de Google resteront perfectibles, il est probable que les moyens à mettre en œuvre deviennent plus couteux pour bien positionner un site en SEO.

Ceci, car globalement, le travail à réaliser sera plus complexe et qualitatif. Je pense aussi que les référenceurs devront plus souvent se rapprocher du marketing afin d’éviter de la déperdition et de pouvoir utiliser les opérations de communication comme un socle pour créer du contenu optimisé et obtenir ou créer ses propres liens.

Bref, il sera sans doute de moins en moins naturel, mais en aura bien plus l’air.

Malgré cela, je crois que le référencement naturel restera compétitif en regard du payant (adwords). Un client me disait encore hier « Votre travail me coûte 15 euros pour une conversion, Adwords m’en coute 50 et augmente chaque mois ». Il y a donc encore de la marge et une belle place pour le SEO, même si celle-ci se réduit comme peau de chagrin sur la première page ou l’on ne voit parfois maintenant qu’un résultat naturel au-dessus du fold.

 

Propos de Sylvain Richard, recueillis le 23 Janvier 2013 par Damien Langin, consultant OSERESO

 

 

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